Signes de l’amour du prophète…

Publié le par Une soeur fillah

                Louanges à Allah, Seigneur de l’univers, qui accorde une fin heureuse aux hommes pieux. Je témoigne qu’Allah est le seul véritable Dieu. Et j’atteste également que Mouhammad est son serviteur et messager envoyé aux noirs, aux blancs, aux jeunes et aux vieux. Qu’Allah prie sur lui, sa famille et ses compagnons et sur quiconque suit leurs traces et se montre vertueux.

               Suite à quoi, serviteur dévoués du Tout Miséricordieux, l’amour voué au prophète est une adoration des plus grandioses et un des plus nobles moyens de se rapprocher d’Allah. Il est le maître des fils d’Adam et le guide des croyants ; le modèle de droiture et l’exemple pratique des enseignements. Il ne fut dépêché qu’en guise de miséricorde pour les pieux, il est la voie sur laquelle les pas des aspirants se confondent. Allah a imposé à tous son estime, son amour, sa vénération et son obéissance… mais jamais son adoration en dehors de celle du Détenteur de l’absolu clémence. Il a imposé à la communauté de lui restituer ses droits, qu’Allah fasse ses éloges aux anges rapprochés et les éloges de ceux qui croient. Toutefois puisque toute réclamation nécessite une preuve de son bien fondé, l’amour du messager a des signes qui indiquent la sincérité de qui prétend l’aimer. Plus ses marques sont profondément inscrites en nous, plus la proportion de notre amour pour le prophète augmentera. Dans ce qui suit certains de ces indices ; prêtez donc l’oreille.

               Tout d’abord, le suivi de sa tradition et le ferme attachement à sa voie (à lui le salut et la paix), comme le dit le Très Haut : (Dis : si vous aimez Allah, suivez-moi donc, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés, et Allah est Grand Pardonneur et Très Miséricordieux) 3/31. Ibnou Kathir dit dans l’exégèse de ce verset : « ce noble verset se fait juge de quiconque prétend aimer Allah alors qu’il n’est pas sur la voie de Mouhammad, il est donc menteur dans sa prétention jusqu’à ce qu’il suive sa loi et la religion prophétique dans toutes ses paroles, tous ses agissements, tous ses états comme cela est confirmé dans le recueil authentique que le messager disait : « celui qui fait une œuvre qui ne relève de notre ordre, alors, elle est rejetée ». L’adoration doit être prescrite nécessairement et elle ne sera légitime que si elle est en conformité avec la révélation sur six points : (la cause, l’espèce, la mesure, le comment, le temps et le lieu). Celui qui se décide à produire une adoration pour une cause et une motivation qui n’ont pas été prescrites, alors cette œuvre ne sera pas agréée de lui. A l’exemple de celui qui dit : « chaque fois que j’entrerai à la maison, je ne m’assoirais pas avant d’avoir effectué une prière… »  Nous lui dirons que tu flirtes actuellement avec l’hérésie puisque la loi n’a pas fait de l’entrée à la maison la cause de l’accomplissement d’une quelconque prière. Ensuite, l’adoration doit se conformer aux prescriptions de la loi pour la désignation d’une espèce. Et si jamais le serviteur décide de sacrifier un cheval même un pur-sang d’une valeur de dix chameaux ou plus, alors on n’accepte pas de lui puisque les espèces animales spécifiées pour le sacrifice sont les chameaux, les vaches et les moutons et non pas le cheval. Comprenez donc que l’adoration n’est pas laissée à l’appréciation de tout un chacun elle est fixée et acceptée par le texte révélé. Troisièmement, l’adoration doit être conforme à la loi dans la mesure fixée. Et si la personne y fait des ajouts, alors, elle sera soit, rendue nulle et sans valeur si ses différents éléments ne peut être dissociés. Soit elle sera validée si ses différentes portions sont dissociables et peuvent être considérées indépendamment les unes des autres. Toutefois, on jugera que cet ajout est interdit et que la personne a commis un péché. Par exemple, si la personne prie volontairement cinq unités de prière pour le Zouhr plutôt que quatre, alors sa prière est nulle. Et pour illustrer la seconde éventualité, parlons de celui qui dit : « Soubhânallah » quarante fois, « Al hamdoulillah » quarante fois, « Allahou akbar » un nombre égal de fois, nous dirons : cet acte est contraire à la tradition prophétique. Et si la personne ambitionne par là un culte rendu, alors il est un innovateur et il aura commis l’interdit, si ce n’est qu’il sera rétribué de l’instant ou il atteint le chiffre de trente trois qui correspond à la pratique prophétique. Quatrièmement l’œuvre n’est pieuse et ne constitue l’adoration que si elle se conforme à la loi dans le comment et l’aspect enseignés. S’il se contentait d’une portion de l’acte, il ne serait pas agréé et il s’il se prosternait, avant de se courber, bouleversant l’ordre établi dans la prière, alors elle se verrait annulée. Et s’il accomplissait la circumambulation et tournait autour de la maison sacré en la plaçant à sa droite, on n’accepte pas de lui parce qu’il est question de respecter le comment et de tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Ensuite vient la considération spatio-temporelle. S’il produit l’adoration avant son temps prescrit, alors elle n’est pas valide à l’unanimité, comme celui qui prit avant l’heure et qui sacrifie sa bête avant la prière de la fête. Et s’il l’accomplit après l’écoulement de l’heure fixée, elle ne sera valide que si la personne a une bonne excuse légitime sans quoi elle sera sans aucune valeur. Celui donc qui prie le Zouhr avant l’heure puis qui s’en rend compte, doit nécessairement reprendre la prière ; et s’il attend jusqu’à l’écoulement complet de son temps, avec un bon prétexte comme le sommeil ou l’oubli, alors sa prière est valide en raison du récit authentique « celui qui s’endort ou qui oublie sa prière alors qu’il l’accomplisse lorsqu’il s’en rappelle ». C’est-à-dire quelque soit l’heure. Si par contre il décide volontairement de retarder la prière parce qu’il est en classe ou en réunion et il prend la ferme décision de ne prier qu’après l’écoulement du temps fixé, alors sa prière est nulle selon l’avis le plus vrai sur la question, même s’il accomplissait mille fois cette prière. D’autres érudits admettent sa validité tout en parlant d’un pêché capital que nécessite un repentir sincère et Allah est le véritable connaisseur. Mais tout ce que je sais c’est qu’aucun d’entre nous ne patientera en enfer ne serait-ce que le temps d’une seconde. Et sixièmement et dernièrement, le lieu. L’adoration doit être accomplie dans l’endroit désigné à cet effet. Celui qui fait retraite dans sa maison durant la dernière décade du Ramadan, on n’agrée pas de lui puisque la retraite pieuse a les mosquées pour lieux de réalisation. Et s’il entreprend un pèlerinage dans une ville autre que la Mecque comme Touba au Sénégal ou Lourdes en France, alors son œuvre est vaine et sans aucune valeur puisqu’elle ne respecte pas le lieu désigné pour sa réalisation. Le suivi de la tradition est donc le signe majeur de l’amour sincère voué au messager d’Allah (à lui le salut et la paix), et c’est le contraire de l’hérésie et son unique remède, comme le disait Ibnou Mas’oud : « suivez et n’innovez rien, cela vous suffit ». Et comme le disait Aboubakr : « je suis un suiveur du prophète et non pas un innovateur ». Il est donc du devoir de celui qui aime Mouhammad (à lui le salut et la paix) d’un amour convenable, c'est-à-dire qu’il aime plus que ses enfants, ses parents et sa propre personne. Il lui incombe donc de prendre garde de ne pas sombrer dans l’hérésie et aussi de mettre en garde et de critiquer toute innovation.
Frères et sœurs dans la foi, citons aussi parmi les signes d’un amour véridique pour l’élu (à lui le salut et la paix), le fait de multiplier sa mention et la faire suivre de la prière sur lui. Et aussi de vivement désirer le voir et le rencontrer. Et plus le serviteur multiplie l’évocation de son bien-aimé et se remémore ses qualités qui inspirent l’estime et le respect, plus son amour s’en voit décuplé. Et Mouslim rapporte que le prophète disait : « parmi ceux des gens de ma communauté qui m’aiment le plus, il y a ceux qui viendront après moi et qui désirent me voir, au prix de leur famille et de leur biens. Et sa mention, (à lui le salut et la paix) se fait par le rappel de ses nobles caractères, de ses qualificatifs et par la lecture de sa biographie et l’exposé de sa tradition ; ainsi que par d’abondantes prières sur lui, comme cela nous le fut ordonné dans le verset : (Allah et Ses anges prient sur le prophète : ô vous qui avez cru, priez sur lui et adressez lui vos salutations). Et si cet unique récit avait été transmis quant aux mérites de la prière sur le prophète, il aurait été une motivation suffisante : « qui prie sur moi une seule fois, Allah prie sur lui à dix reprises. Il lui efface dix fautes et l’élève de dix degrés ». Parmi les marques de l’amour aussi, le fait d’aimer ce que le prophète aimait d’œuvres, d’attitudes, et aussi d’aimer les personnes à qui il vouait de l’amour. De même qu’il convient de prendre en dégoût les œuvres et les attitudes qu’il détestait et de vouer l’inimitié à ceux des gens qu’il détestait. Il n’est pas sincère dans sa prétention d’aimer, celui qui apprécie ce que le messager (à lui le salut et la paix) répugnait et celui qui déteste ce que le messager aimait. Et dans un récit, il disait, celui qui aime ‘Ali m’a certes aimé, et celui qui déteste ‘Ali m’aura détesté. L’amour des compagnons, des gens de la maison et de ceux qui les ont suivis dans la bienfaisance de parmi les érudits, les dévots et les ascètes, ceux qui dépensent de leur richesse pour la cause d’Allah, ceux qui ordonnent le convenable et interdisent le blâmable, tout cela relève de l’amour du prophète. Et enfin, parmi les signes de son amour, de prendre garde à l’exagération dans la considération de sa personne de telle sorte que certains extrémistes mystiques lui aient  accordé une place qui n’est pas la sienne et qu’ils l’aient confondu avec l’unique divinité. Ali Ibnoul Hussein disait : « ô gens de l’Irak ! Aimez-moi de l’amour de l’Islam. J’ai entendu mon père dire : « le messager d’Allah a dit : ne m’élevez pas outre mesure. Allah m’a élu comme serviteur avant même de me désigner prophète ». L’amour de l’Islam conforme aux indications de la loi est donc le seul qui profite véritablement. Quant à l’amour de l’hérétique extrémiste, alors il conduit à la perte et à l’associationnisme. Désignant le prophète pour divinité en dehors d’Allah.

            Et concluons chers frères de confession, par la mention des fruits de cet amour sincère comme le fait de goûter à la saveur de la foi comme l’indique le récit : « trois choses, celui qui les possède trouvera le goût délicieux de la foi :
  • qu’Allah et son messager soient plus aimés de lui que tout autre,
  • qu’il aime un individu  que pour la (cause) d’Allah et
  • qu’il déteste retourner à la mécréance après qu’Allah l’en ait extirpé, tout comme il détesterait être lancé dans le feu (de l’enfer) ».
        
            Et enfin, cet amour permet de lui tenir compagnie dans le paradis, comme dans le récit de cet homme qui le questionna au sujet de l’Heure (dernière), et le prophète, à lui le salut et la paix, lui dit : « qu’as tu apprêté pour elle ? » il dit : « ô messager d’Allah, je n’ai pas apprêté pour elle beaucoup de prières, de jeûnes ou d’aumônes ; cependant, j’aime Allah et son messager ! » Il dit alors : « tu es donc avec ceux que tu aimes ». Ainsi, celui qui aime le prophète se verra gratifié en lui tenant compagnie dans les plus hauts jardins du paradis. Qu’Allah nous l’accorde.

Publié dans Sermons

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article